LA FORCE DE LA TRADITION
De la circoncision et de l’excision
©L'homme-Colombe-Lumière du
peintre plasticien Ousseynou BA
Croire pour un négro africain que la Tradition est à jeter dans la poubelle des concepts et théories anachroniques et obsolètes est la résultante rationalisée d’avoir fait l’objet d’un lavage de cerveau profond et efficace de la part des tenants de cette pensée unique européaniste et occidentalisatrice. Car s’il faut reconnaître que beaucoup de centres de gravités de la pensée contemporaine se sont déplacés, depuis l’aube pharaonique, de l’Afrique vers le centre géographique de l’Occident actuel, il n’en demeure pas moins que le centre de gravité principal et surtout le plus équilibrant sur le plan émotionnel et spirituel, les deux étant intimement liés – nous y reviendrons avec un peu plus de détails plus bas, est situé à l’heure actuelle plus sur l’axe Afrique Noire-Asie que sur l’axe Europe-Amérique. Nous ne prônons pas un tout spirituel complétement exclusif d’un confort matériel souhaitable et vivement recherché aussi bien par les peuples matériellement avancés que par les peuples dits pauvres. En fait la réalité à la fois extralucide et objective veut que tout développement matériel aille de pair et de concert avec un ensemble de concepts et de philosophies métaphysiques qui doivent envelopper les bases d’un matérialisme objectif. En d’autres termes, pour les peuples négro africains il ne s’agit pas de renoncer aux sirènes du confort matériel de l’occident mais plutôt de puiser dans des sources de la Tradition africaine pour enrober et désenvenimer certaines valeurs importées qui, au delà de certaines mers tempérées, sont vectrices de mal-être et d’instabilité émotionnelle chronique. Quand nous disons Tradition nous mettons de côté les Traditions sémitiques pour ne se baser que sur la Tradition négro-africaine de conception et d’origine pharaonique. Mais nous gardons à l’esprit de manière vive et vivace que les traditions sémitiques, arabe et juive, qui ont donné naissance au Judaïsme et à l’Islam ont été ensemencées, dans leurs essences respectives, par la Tradition négro-africaine même si les enfantements respectifs ont nécessité des peuples différents. Il n’est point nécessaire de revenir, pensons nous, sur les éléments métaphysiques ou tout simplement sociologiques ou historiques pour, de manière extralucide affirmer l’antériorité de la Tradition négro africaine sur les Traditions sémitiques qui ont participé dans une certaine mesure en ce qui concerne le Judéo-christianisme, mais également l’Islam par la transmission aux ibères de la philosophie antique, au développement matériel de l’Occident. Et encore les exemples de la circoncision et de l’excision sont deux éléments symétrique et complémentaires, par leur source métaphysique, qui permettent d’étayer une telle affirmation téméraire quant à la nécessité de revenir à des concepts négro africains, d’une part, et de antériorité de la Tradition négro africaine, d’autre part. En effet ces deux opérations chirurgicales, l’une sur le sexe de l’homme et l’autre sur le sexe de la femme, sont emblématiques d’une incompréhension orientée et illustrent parfaitement combien la désinformation et le non dit peuvent participer à la facilité du lavage de cerveau déjà mentionné plus haut. Il ne s’agit pas en ce qui concerne l’excision de revenir sur une pratique antique et anachronique, osons la vérité, mais de faire comprendre comment une pratique à raison condamnée et condamnable peut ouvrir une porte aux tenants d’une pensée unique eurocentriste pour présenter la Tradition négro africaine comme dégradée. Car si le fait est attesté que les momies féminines de Égypte pharaonique étaient excisées et cela bien confirmées par les études des spécialistes il est donc logique d’affirmer que la source de la pratique de l’excision est bien négro africaine. Mais le silence sur l’exégèse de la Tradition négro africaine concernant l’excision ouvre une brèche que nous saisirons pour terrasser les tenants de cette pensée unique. En fait cette exégèse permet de comprendre que les deux pratiques vont de pair et orientent vers une explication plus métaphysique qu'hygiénique ou liée à la libido de l’homme qui exercerait un rôle de mâle dominant égocentrique. En effet la circoncision est également d’origine négro africaine et c’est par le biais de l’Exode des hébreux que cette pratique attérit chez les peuples ismaéliens. Son existence ainsi que l’excision repose sur le concept d’hermaphrodisme cher à la Tradition négro africaine qui veut que l’homme et la femme viennent au monde avec les deux sexes, un sexe dominant et un sexe dominé mais visible anatomiquement et symboliquement. Ce constat anatomique accompagne également la théorie selon laquelle l’homme présente des éléments métaphysiques des deux sexes ce qui peut entraîner une confusion chez l’être. Ce double principe veut que la pratique chirurgicale de l’excision et de la circoncision vont obligatoirement avec une période d’initiation qui a pour but entre autres d’éliminer le conflit de principes métaphysiques sexués différents chez un même individu. Faut il voir dans le fait que nombre de personnalités historiques qui ont participé à forger certains idéaux propres à la pensée unique sont des circoncis que ce silence qui masque la circoncision en occident comme un paramètre qui suivrait la loi de l'omerta ? Nous sommes portés à le croire car la circoncision est bien pratiquée par un peuple occidental porteur de la pensée unique. Cette pensée est pourtant la résultante d’un complexe d’infériorité propre à ses tenants qu’il faut savoir utiliser à bon escient et gagner le combat de l’intégrité historique. Car il ne faut surtout pas oublier que les relents d’une Tradition nègro africaine sont encore vivaces dans la Tradition judéo-chrétienne propre à l’occident. Cela est surtout vrai dans les loges maçonniques ou la mystique négro africaine est encore présente et largement sollicitée à travers les rapports de leurs ambassadeurs bien implantés en sphère géographique concernée. Nous ne pouvons que rappeler le culte d’Isis, déesse négro africaine, associé à celui de la maternité sacrée quand on sait la force du matriarcat en Afrique noire qui veut que l’Afrique est la Terre-Mère… Si le clitoris qui fait l’objet de excision chez la femme rappelle étrangement le sexe de l’homme le prépuce de l’homme ressemble symboliquement au sexe de la femme par son invagination. Il est donc aisé après cette constatation de comprendre ce concept d’hermaphrodisme qui est à la source de ces deux pratiques antiques propres à l’âme négro africaine. Ces pratiques donc loin d’être des gestes anodins reposaient sur une mystique humaniste et un concept fondateur : l’initiation qui refusait les séquelles comportementales entre autres d’un hermaphrodisme dont l’existence n’est plus à démontrer. Le respect de cette symbolique et de cette Tradition dans ses valeurs revisitées à l’aune du nouveau millénaire est le gage d’un équilibre émotionnel et spirituel, deux éléments moteurs du principal centre de gravité d’une civilisation. Il n’est pas d'ailleurs inutile de revenir sur la symbolique du soleil chez les négro égyptiens quand on sait qu’en terme de théorie gravitationnelle la planète solaire revêt toute son importance puisque qu’elle est au centre du système dit solaire. Car le soleil était vu comme source de vie et d’équilibre. Il découle du non respect de cette Tradition un déséquilibre, un chaos apparent qui ralentit toute évolution socio-économique source d’un confort et d’un matériel légitimes. Il est donc évident que le confort tant recherché passe d’abord par une quête effrénée vers un passé présent à travers des manifestations qu’il reste à décoder et revisiter en ce millénaire aubisant. La tâche est complexe et hardie vue la diversité culturelle chez les négro africains. Mail il n’en demeure pas moins que ce travail de longue haleine est une exigence de notre temps eu égard aux nombreux défis auxquels sont confrontés les peuples négro africains. La relecture de la circoncision et de excision à travers le prisme de la Tradition africaine est impérative et ouvre la voie à un renforcement de la conscience noire prompte à réveiller nos peuples de ce sommeil pathologique ; un réveil en forme d’éveil qui peut prendre des formes multiples parmi lesquelles la culture garde une place prépondérante car la pierre angulaire de la Tradition reste la culture ; le domaine des religions étant occupée par les traditions sémitiques. Mais la force de la Tradition demeure. Une force de la Tradition nécessaire pour passer d’un afro pessimisme ambiant à un afro optimisme fertile.
Oumar DIALLO
Animateur mouvementR
Thiaroye
EMPREINTE PÉDESTRE DU PEINTRE
PLASTICIEN

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